En bref

  • Aucun test n'est certain. Les images des grands générateurs portent désormais plusieurs signaux indépendants, comme des métadonnées signées, un filigrane invisible et les registres du fournisseur, plus une mention visible quand quelqu'un en ajoute une. En effacer un les efface rarement tous.
  • La loi demande plusieurs couches. Depuis le 2 août 2026, l'article 50, paragraphe 2, de l'AI Act impose aux fournisseurs d'IA générative de marquer leurs sorties de façon lisible par machine et détectable (les systèmes déjà sur le marché ont jusqu'au 2 décembre 2026). Le code de bonnes pratiques de la Commission demande à ses signataires au moins deux couches et un outil de détection gratuit.
  • Vous pouvez vérifier gratuitement. SynthID Detector de Google, ouvert à tous depuis le 7 octobre 2026, lit le filigrane utilisé par Google, OpenAI, NVIDIA et Kakao. OpenAI, Meta et Midjourney proposent leurs propres vérificateurs.
  • Toute vérification peut échouer. Une capture d'écran efface les métadonnées, des attaques délibérées peuvent affaiblir les filigranes, et les détecteurs d'IA comme l'œil humain se trompent, dans les deux sens.
  • L'absence de marque ne prouve rien, et une mention effacée ne rend pas humaine une image IA. Signaler vos propres images IA est le choix honnête : ajoutez le Label IA UE dans votre navigateur.

Peut-on détecter une image générée par l'IA ?

Souvent, oui. À coup sûr, non. Chaque méthode fonctionne dans certains cas et échoue dans d'autres.

Repérer l'IA, c'était autrefois chercher des mains bizarres. Les modèles de 2026 « ne comportent presque plus d'erreurs », note l'Office fédéral suisse de la cybersécurité ; les grands fournisseurs marquent donc désormais les images dès leur création, à plusieurs endroits à la fois : dans les pixels (une mention visible ou un filigrane invisible), dans le fichier (des Content Credentials signés ou une métadonnée IPTC) et chez le fournisseur (des registres que son propre détecteur peut retrouver).

Ces couches sont posées par des acteurs différents et cèdent de façons différentes : une capture d'écran supprime les métadonnées, alors que les filigranes sont conçus pour y résister. C'est pourquoi une image IA est difficile à cacher. La cacher suppose de neutraliser chaque couche, et un seul signal restant suffit souvent à soulever la question.

Pourquoi cette page ne dit pas « toujours »

Il serait facile d'affirmer qu'on repère l'IA à tous les coups. Les faits ne le confirment pas : le code de bonnes pratiques de l'UE lui-même indique que la détection forensique des contenus non marqués n'était « pas jugée assez mûre » pour répondre aux exigences de qualité de la loi au moment de sa publication. Plusieurs signaux indépendants rendent la détection probable ; aucun ne la rend certaine.

Les couches qui trahissent une image IA

Chaque couche se trouve à un endroit différent et cède d'une façon différente. Aucune ne suffit à elle seule.

Les couches de détection d'une image IA, comparées
CoucheOù elle se trouveQui la litCe qui la neutralise
Mention visible (l'icône de l'UE, l'« AI info » d'une plateforme)Sur l'image ou à côtéTout le monde, sans outilUn recadrage, un masquage, ou l'absence de mention dès le départ
Content Credentials (C2PA)Dans le fichier : un enregistrement signé, avec une empreinte (hash) de l'imageLes visionneuses C2PA, LinkedIn, la recherche Google, l'application Gemini, TikTokCaptures d'écran, réencodage, la plupart des réseaux sociaux ; toute modification casse la signature
Type de source numérique IPTCDans le fichier : un champ « créé avec l'IA » non signéLes plateformes de Meta, Pinterest, la recherche Google, les visionneuses de métadonnéesCaptures d'écran et réenregistrement ; n'importe qui peut le modifier
Filigrane invisible (SynthID, Content Seal, TrustMark…)Dans les pixels, imperceptibleLe détecteur du fournisseur ; SynthID Detector lit aussi les marques de ses partenairesAttaques délibérées ; fort recadrage, pour certains ; un détecteur ne trouve que les marques qu'il connaît
Empreintes et registresChez le fournisseurLe fournisseurNe retrouvent que les images enregistrées à leur création ; peuvent être supprimés ou falsifiés
Détecteurs d'IA (classifieurs)Des traces statistiques dans les pixelsToute personne disposant d'un détecteurNouveaux générateurs, compression, redimensionnement ; de vraies photos sont signalées aussi
Jugement humainLa scène et son contexteVousImages réalistes ; coups d'œil rapides sur un téléphone

La provenance fonctionne dans les deux sens : certains appareils photo signent les vraies photos. Le Leica M11-P a été présenté en 2023 comme le premier appareil photo doté de Content Credentials, et chaque JPEG pris par l'appareil photo du Google Pixel 10 en porte.

Les images générées par l'IA ont-elles un filigrane ?

La plupart des images des grands générateurs en ont désormais un, généralement invisible. Voici ce que chaque fournisseur dit ajouter :

  • Google : SynthID, conçu pour résister « au recadrage, à l'ajout de filtres, au changement de fréquence d'images ou à la compression avec perte », plus C2PA sur les images de Nano Banana Pro.
  • OpenAI : C2PA depuis 2024, et SynthID aussi depuis mai 2026, sur les images de ChatGPT, de Codex et de son API.
  • NVIDIA utilise SynthID sur les vidéos Cosmos, et Kakao l'a annoncé pour ses modèles d'image et de vidéo à partir du second semestre 2026.
  • Meta : son filigrane « Content Seal » dans chaque image Muse Image, avec un détecteur en préversion.
  • Adobe : les Content Credentials plus TrustMark, un filigrane open source, et une empreinte signée.
  • TikTok : un filigrane invisible, en test, que seul TikTok peut lire, sur les contenus de ses outils d'IA et sur les fichiers importés porteurs de C2PA.
  • Midjourney : une balise d'identification cachée dans chaque image, selon son centre d'aide, avec un vérificateur gratuit.
  • Black Forest Labs (FLUX) : C2PA sur son API et ses outils hébergés, un filigrane seulement en option.

La Chine impose des mentions visibles et cachées sur les contenus IA depuis le 1er septembre 2025. La faille : les modèles à poids ouverts exécutés sur votre propre ordinateur peuvent n'ajouter aucune marque, si bien qu'aucun vérificateur ne peut vous dire qu'une image non marquée est réelle.

Ce que disent les fournisseurs

Ce que la loi européenne exige des fournisseurs d'IA

L'article 50, paragraphe 2, de l'AI Act (règlement (UE) 2024/1689) impose aux fournisseurs d'IA générative de veiller à ce que leurs sorties soient « marquées dans un format lisible par machine et identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IA », avec des solutions aussi efficaces, interopérables, robustes et fiables que la technologie le permet. Il s'applique depuis le 2 août 2026 ; les systèmes génératifs déjà sur le marché avant cette date ont jusqu'au 2 décembre 2026.

Le code de bonnes pratiques de la Commission sur la transparence des contenus générés par l'IA (version finale du 10 juin 2026) le traduit concrètement. La Commission recense 95 signataires de sa section consacrée aux fournisseurs. Leurs engagements :

  • au moins deux couches sur les images : des métadonnées signées et un filigrane imperceptible. Les empreintes ou la journalisation seules ne sont « pas considérées comme suffisantes » ;
  • pas de suppression : la suppression intentionnelle des marques interdite dans leurs conditions d'utilisation ;
  • un outil de détection gratuit, ouvert au public là où le public peut voir le contenu, et toujours gratuit et illimité pour les régulateurs, les médias, les vérificateurs de faits, les chercheurs et la société civile ;
  • des tests de robustesse contre la recompression, les captures d'écran, le recadrage, le redimensionnement, l'impression suivie d'une numérisation, et les attaques qui tentent de supprimer ou de régénérer la marque ;
  • une détection interopérable des filigranes d'ici le 2 février 2027.

La mention visible est une obligation distincte, pour les déployeurs qui utilisent l'IA à titre professionnel et publient des hypertrucages, ou deepfakes (article 50, paragraphe 4), et les métadonnées lisibles par machine d'un fournisseur ne la remplissent pas. Notre guide Mention IA obligatoire explique qui doit signaler, et quand.

  1. Publication du code de bonnes pratiques

    Au moins deux couches de marquage et un détecteur gratuit, pour les fournisseurs signataires.

  2. L'article 50 s'applique

    Les fournisseurs marquent les sorties d'IA ; les déployeurs signalent les hypertrucages.

  3. SynthID Detector ouvert à tous

    Il lit le filigrane utilisé par Google, OpenAI, NVIDIA et Kakao.

  4. Échéance du marquage pour les anciens systèmes

    Pour l'IA générative mise sur le marché avant le 2 août 2026 (omnibus numérique sur l'IA, règlement (UE) 2026/1744).

  5. Détection interopérable

    Une détection des filigranes qui fonctionne d'un fournisseur à l'autre, au titre du code.

Textes officiels

Comment savoir si une image est générée par l'IA

Aucune étape ne donne à elle seule un verdict. Notez ce que chacune révèle, et pesez le tout.

  1. Cherchez une mention visible

    Regardez les coins et la légende : l'icône de l'UE ou une étiquette de plateforme comme l'« AI info » de Meta. Nos guides Logo IA Europe et Mention IA Instagram montrent à quoi elles ressemblent. L'absence de mention ne vous apprend pas grand-chose.

  2. Vérifiez les Content Credentials

    Ouvrez le fichier d'origine, pas une capture d'écran, dans une visionneuse de Content Credentials (C2PA) : elle indique qui a signé le fichier et ce que le signataire a déclaré, par exemple une génération par IA. La fonction « À propos de cette image » de la recherche Google et l'application Gemini lisent aussi C2PA. Si la visionneuse ne trouve rien, c'est souvent que les Content Credentials se sont perdus en route ou n'ont jamais été ajoutés ; cela ne veut pas dire que l'image est réelle.

  3. Lancez SynthID Detector

    Ouvert à tous depuis le 7 octobre 2026, SynthID Detector de Google cherche le filigrane utilisé par Google, OpenAI, NVIDIA et Kakao ; Apple a aussi été annoncé. Google prévient qu'un résultat négatif ne prouve pas qu'une image est réelle : le détecteur ne voit que ses propres marques et celles de ses partenaires.

  4. Essayez le vérificateur du générateur

    Verify d'OpenAI, en préversion de recherche, ne reconnaît que les images d'OpenAI et n'affirme rien de définitif quand il ne trouve rien. Le vérificateur de Midjourney lit sa balise d'identification cachée, que les captures d'écran, les retouches et la plupart des réseaux sociaux suppriment.

  5. Retrouvez l'origine de l'image

    Une recherche d'image inversée peut vous mener à des copies antérieures, au compte qui a publié l'image en premier, ou à une version qui porte encore sa mention ou ses Content Credentials.

  6. Examinez la scène et son contexte

    Le texte, les ombres, les éléments répétés, les objets fusionnés et les bâtiments mal alignés trahissent encore parfois une image ; les mains, de moins en moins. Demandez-vous si la scène entière tient la route, qui l'a publiée et pourquoi. Un détecteur d'IA peut apporter un deuxième avis, jamais un verdict.

Un résultat est un indice, pas une preuve

Un filigrane trouvé par le détecteur de son propre fournisseur est un signal fort. Une marque absente, le score d'un détecteur ou votre propre impression doivent être confirmés par une autre couche, surtout avant d'accuser qui que ce soit.

Pourquoi toute méthode de détection peut échouer

Les métadonnées se perdent facilement. Une capture d'écran supprime les Content Credentials et les métadonnées IPTC, et la plupart des réseaux sociaux les retirent à l'import : OpenAI a estimé que C2PA n'était « pas une solution miracle ». La réponse de la C2PA : les « liaisons souples » (soft bindings), des filigranes ou des empreintes qui permettent à un outil de retrouver les Content Credentials en ligne.

Les filigranes peuvent être attaqués, au prix d'un effort. Les attaques par régénération reconstruisent l'image avec un modèle d'IA. UnMarker, présenté à l'IEEE Symposium on Security and Privacy en 2025, demande quelques minutes sur une carte graphique haut de gamme A100 : face à sept systèmes de filigrane, le meilleur taux de détection restant était de 43 %, et un test informel rapporté par The Register a fait passer la détection de SynthID de 100 % à environ 21 %. Un fort recadrage compte aussi : quand Reuters a recadré 40 images Muse à environ un tiers ou la moitié de leur taille, le détecteur en préversion de Meta, qui avait repéré les 40 originaux, en a manqué 55 %. Supprimer une marque demande un effort délibéré, les fournisseurs doivent tester leurs marques contre ces attaques, et la détection ne cesse de progresser.

Les détecteurs d'IA se trompent dans les deux sens. Dans l'audit de NewsGuard du 8 mai 2026, cinq détecteurs ont rendu 13,3 % de verdicts erronés sur de vraies photos de guerre : l'un a classé 40 % des vraies photos comme IA, et au moins un outil a contredit les autres sur 35 des 45 images. Dans une prépublication de septembre 2026, 12 détecteurs universitaires ont pris pour des images IA de 17 % à 91 % de vraies photos prises au smartphone.

Les humains ne sont pas des juges fiables. Dans le quiz « Real or Not » de Microsoft, environ 12 500 personnes ont donné 62 % de bonnes réponses. Une étude de décembre 2025 a mesuré 54 % sur des images Midjourney, à peine mieux qu'un pile ou face ; une autre a trouvé 29 % sur des images FLUX.1-dev. Les portraits sont plus faciles que les paysages.

Même les combinaisons ne suffisent pas. Un rapport de Microsoft Research (janvier 2026) a constaté que seules 20 des 60 combinaisons de méthodes atteignaient une « authentification de haute confiance », et met en garde contre les attaques qui font passer un contenu réel pour faux.

Ce qu'une vérification peut vous dire

  • Un filigrane trouvé par le détecteur de son fournisseur : un signe fort que l'IA de ce fournisseur a créé ou modifié l'image
  • Des Content Credentials valides : qui a signé le fichier, et ce qu'il a déclaré
  • Une mention visible : ce que l'éditeur dit de l'image
  • Plusieurs signaux indépendants concordants : une réponse probable

Ce qu'elle ne peut pas vous dire

  • Aucun filigrane : peut-être un autre générateur, un recadrage ou une attaque
  • Aucune métadonnée : souvent perdue lors d'une capture d'écran ou d'un import, ou jamais ajoutée
  • Le score d'un détecteur, seul : de vraies photos sont signalées aussi
  • Votre impression, seule : souvent proche du pile ou face

Études et tests

Une marque absente ne prouve rien : signalez vos propres images

L'absence de filigrane ne rend pas une image réelle : elle peut venir d'un modèle qui ne marque pas, ou avoir été recadrée, capturée à l'écran ou attaquée. Et effacer une mention ne rend pas humaine une image IA. Le fournisseur peut conserver des registres, les Content Credentials peuvent subsister dans un dépôt en ligne, une plateforme peut déjà avoir signalé la publication, et les lecteurs attentifs regardent encore la scène.

Cacher l'origine d'une image est difficile et facile à rater, et les fournisseurs signataires du code de l'UE interdisent la suppression de leurs marques dans leurs conditions d'utilisation. Le dire d'emblée est le choix honnête, et pour les hypertrucages publiés à titre professionnel, l'article 50, paragraphe 4, l'exige : notre guide Deepfake AI Act explique quand une image en est un.

L'outil Label IA UE ajoute l'icône de la Commission européenne (AI, AI GENERATED ou AI MODIFIED) à vos images, dans votre navigateur, et peut inscrire dans le fichier le type de source numérique IPTC (« créé avec l'IA », ou « modifié avec l'IA »). Le guide Logo IA Europe vous aide à choisir la bonne icône.

Ce que fait ce site, et ce qu'il ne fait pas

AI Image Label ajoute l'icône de l'UE à vos images ; il ne détecte pas l'IA. L'icône dit la vérité à votre public, mais son utilisation n'établit pas à elle seule la conformité juridique : vous décidez si et comment signaler, et vous en restez responsable.